Vendredi 28 octobre 2011
5
28
/10
/Oct
/2011
17:04
Le temps m'a manqué cette semaine pour vous faire mon petit compte-rendu de mon weekend "Nihonga"!
J'ai passé deux excellentes journées, enrichissantes tant artistiquement qu'humainement. Nous étions un petit groupe
de 5 personnes, venues de tous les coins de la France, et l'atelier parisien baigné de lumière nous a de suite plongé dans une ambiance décontractée mais studieuse.
Yiching Chen, notre professeur (que dis-je, notre Maître!), est une très belle personne, toute en humilité et en
modestie, avec un talent immense. Nous avons eu la joie de pouvoir découvrir quelques-une de ses oeuvres qu'elle exposait dans une galerie, et ce fut un "choc" pour moi. Après les avoir admiré
sur le net, les voir en vrai de vrai change toute la donne...Délicate brillance, légèreté, matière, relief, profondeur, perspective...Le grand format aidant naturellement le spectateur à se
plonger dans ses univers floraux.
Elle rend un hommage très émouvant à la nature et ses beautés, et pour moi qui y suit très sensible, le charme a de
suite opéré. Je serais bien repartie avec une de ses oeuvres!
Voici le lien vers le site de Yiching, d'où vous pourrez accéder à la
galerie pour admirer, sachant qu'en vrai c'est....pfffffiou!
Bien, pour en revenir au niveau "plus que débutant", j'ai la joie de vous présenter mon premier patouillage, un petit
poisson imaginé par mes soins, coloré par mes soins...bref, je me suis beaucoup amusée à le réaliser. Sébastien trouve qu'il ressemble à une fresque romaine (???), notre petit weekend iltalien
m'aurait-il influencé inconsciemment?
Technique Nihonga - Papier Japonais marouflé sur bois - 32x20cm
J'ai ensuite (ou plutôt parallèlement car le séchage est très long mais indispensable entre deux étapes) fais
plusieurs essais avec un pochoir fait "maison". Le principe, très curieux, repose sur le fait de tendre sur un chässis de la ouate de vers à soie, que l'on enduit ensuite de jus de kaki fermenté.
La soie durcit après plusieurs couches, et voilà un pochoir 100% naturel! Après avoir préalablement peint ma feuille, j'ai fait des essais avec de la feuille dorée, et différentes couleurs de
pigments "terre".
Alors concernant maintenant le domaine technique, il faut savoir qu'en Nihonga, on peint avec des pigments,
préalablement mélangés à une colle organique ( colle de peau de boeuf, de peau de lapin...) et à un peu d'eau. Ces pigments peuvent être minéraux (malachite, lapis-lazuli, azurite...plus
ou moins finement broyés), organiques (insectes, comme la cochenille, ou plantes broyés), terres (les ocres) mais encore synthétiques (permettant d'avoir des couleurs
non disponibles dans la nature).
Le Nihonga peut-être réalisé sur du papier marouflé sur un panneau bois, sur de la soie ou directement sur du bois.
La préparation des pigments, tout comme le marouflage du papier, et un procédé long mais très agréable et nécessaire à la réflexion et à la concentration. C'est une technique, tout comme la
peinture chinoise, qui apprend patience et humilité, des valeurs très importantes à mes yeux. De plus le côté écologique est très présent, la quasi totalité des matériaux utilisés étant issus de
la nature.
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce stage, que je ne manquerai pas de réitérer l'année prochaine! En attendant je
vais essayer de me procurer quelques matériaux pour commencer mon apprentissage, sachant qu'il est très difficile voire impossible de trouver en France le matériel nécessaire à cette pratique.
Vive le net! ;)